Les aventures d’une famille en voilier

La famille Evrard
8 septembre, 2011, 20:39
Classé dans : L'équipage

Qui sommes nous? 

Tom,  le capitaine

imgp1669.jpg47 ans, journaliste de profession et capitaine de bord. Soit, comme le veut la tradition, seul maître à bord après Dieu. En théorie. Car, à bord, il y a aussi la grande amirauté. Celle qui dit « oui » ou « non ». Celle qui jauge les décisions avant d’approuver ou de mettre son veto.  Et puis, il y a les enfants, qui conditionnent beaucoup la navigation. Finalement donc, le seul maître à bord s’avère être celui qui ne décide de pas grand-chose mais qui doit avoir les mains partout…

 Ragda, la Grande amirauté

img2528.jpg43 ans. Infirmière et capitaine en second. Mais porte aussi le titre officieux de « grande amirauté ». Tout est dit. Cela ne l’empêche toutefois pas de retrousser ses manches pour donner un coup de main au capitaine dans toutes les situations ou mettre les mains dans le cambouis. Au fil de notre périple, elle devient championne de l’amarrage et ce, en toutes circonstances. Et puis, forcément, une infirmière spécialisée en pédiatrie, ça aide en cas de bobos et mine de rien, psychologiquement, ça soulage…

Jan, moussaillon en chef 

imgp1626.jpg11 ans. D’une imagination débordante, il attendait fébrilement le grand départ depuis déjà très longtemps.  Il se rue littéralement sur les atlas, livres de géographie pour découvrir les pays que l’on va visiter. N’attend qu’une chose : voir des tortues, des dauphins, des îles de pirates et des …. requins (sur le dernier point, les parents sont moins enthousiastes).  C’est aussi le seul des trois enfants en âge d’obligation scolaire et qui devra donc suivre une scolarité sur le bateau.  (mais faire l’école en maillot ne le dérange pas, dit-il).

Eliza, moussaillon en second

imgp1627.jpg7 ans et demi. Un caractère bien trempé mais néanmoins adorable. Eliza adoooore les animaux. Autant dire qu’elle va être servie. La première bestiole sur laquelle elle a flashé : une bonne grosse méduse colorée qui évoluait près de la surface de l’eau dans le port de Kats en Hollande. On lui a bien expliqué qu’il ne valait mieux pas la toucher, mais on a vite compris qu’elle aurait bien voulu lui faire une « doudouce » quand même. Oui, elle est têtue…

Anja, moussaillon en second, spécialiste pour le largage de jouets en mer

imgp1687.jpg5 ans. Un caractère tout aussi trempé que sa sœur. Et aussi indépendante. Adore partir à la découverte d’horizons qu’elle ne connaît pas (bonjour la surveillance sur les plages) et court après les animaux quels qu’ils soient, petits ou gros. Très à l’aise sur le bateau, elle demande une vigilance accrue d’autant qu’elle a le tour pour filer rapidement si les parents ont le dos tourné. Comme pour son frère et sa sœur, le harnais (attaché au bateau par une longe) et gilet de sauvetage sont de rigueur sur le bateau. Au milieu de l’Atlantique, elle apprécie jeter des playmobils par dessus bord…

Tabea, the queen of the Caribbean sea

Un caractère jovial qu'on vous dit...

Un caractère jovial qu’on vous dit…

La p’tite dernière.   Deux mois au moment du départ… Forcément, son arrivée a très logiquement modifié le voyage. Pas question d’aller prendre des bains de boue dans la jungle colombienne ou boire l’eau douteuse de certains bouges avec elle. Pas question non plus de s’éloigner trop des côtes pendant une longue durée. La première année, nous resterons donc quasi à vue des côtes en permanences. Son caractère? Jovial.  Elle l’exprime d’ailleurs régulièrement durant la nuit… Ses yeux bleus (mais d’un bleu…) attirent tous les regards.

Ruben, notre petite étoile

dscn0739.jpg4  ans et demi. La véritable raison de notre voyage, c’est lui. Un petit bout d’homme d’un courage hors norme à qui (ainsi qu’à son frère Jan) nous avions promis de partir en voyage dès qu’il serait guéri de cette maladie qui le tenaille depuis l’âge d’un an. Mais le sort en a décidé autrement et, le 17 septembre 2006, il est parti. Une plongée dans le noir, dans ce qu’aucun mot ne peut décrire. Mais il restait cette promesse de voyage que nous avons malgré tout décidé de concrétiser. Aujourd’hui, Ruben nous accompagne et veille au grain. Et finalement, notre petit ange gardien verra ces îles de pirates dans les Caraïbes qu’il voulait tant voir…

 



Mais pourquoi font ils ça?
8 septembre, 2011, 15:44
Classé dans : le projet

Comme beaucoup d’autres, on en avait rêvé. On en avait toujours rêvé. Partir pour un grand et long voyage, histoire de voir et de vivre autre chose. Mais les bonnes raisons pour nous en dissuader n’ont jamais manqué : la famille, les amis, le travail, la maison… Nous sommes restés longtemps comme çà : rêver et se contenter de rêver. Et c’était très bien comme ça. Mais au fil des ans, le rêve s’est progressivement englué dans une vie routinière. Tellement englué qu’on a presque fini par l’oublier.

Et puis les choses ont changé. Ruben est arrivé, un petit garçon costaud plein de vie. Il avait  à peine un an et il est tombé malade. Gravement malade. Les années qui ont suivi ont été vécues à l’hôpital, l’hôpital de la Citadelle et le CHU, tous deux à Liège.  Le genre d’expérience qui traumatise et bouscule profondément l’échelle de valeurs. C’est là que l’idée du voyage est revenue. C’était décidé : quand Ruben serait guéri, on partirait. Ragda, Tom, Ruben et Jan. Promis, juré, craché, nous irons loin. On l’a appris : on n’a qu’une seule vie, et il faut profiter de tout ce qu’elle peut nous offrir. Mieux vaut vivre ses rêves que de rêver sa vie…

Mais malgré la hargne de Ruben et les compétences des médecins, rien n’y a fait. Ruben est parti un jour de septembre 2006. Un vide abyssal s’est ouvert sous nos pieds. Pourtant, il a fallu se reconstruire. Progressivement, à petits pas, en se faisant aider, en parlant beaucoup et surtout grâce et pour notre petit Jan qui n’avait pas demandé cette vie là. Mais derrière, l’idée du voyage était toujours bien là.  On l’avait promis, on le ferait. 

C’est sans doute là que le destin nous a donné un sérieux coup de pouce :  une semaine plus tard, les parents d’un autre enfant atteint d’une leucémie rencontrés à l’hôpital, Catherine et Vincent, nous ont proposé de les accompagner sur leur petit voilier basé en Zélande, pour nous changer les idées. On y a été et on a su qu’on aimerait ça.

Alors on s’est penché sur des livres, des magazines, on a rencontré des gens, des navigateurs, des familles qui « l’ont fait », on a acheté le bateau de Catherine et Vincent, on a appris, on s’est vautrés aussi, mais on a avancé, suivi des formations, fait des ronds dans l’eau en Hollande pour débuter…. Et puis aujourd’hui, on y est. On largue les amarres, comme promis.  Histoire de voir ce qu’il y a là-bas, de l’autre côté des mers, mais aussi surtout de vivre une belle histoire en famille… Car il ne s’agit en aucun cas d’une fuite, mais bien d’une aventure familiale. On quitte certainement des emmerdes, mais tous les navigateurs sont unanimes là-dessus : on en retrouve un tas d’autres (on confirme…). Même si c’est sous le soleil… Nous voilà prévenus !  Et puis, cela fera des histoires à raconter à notre retour, prévu en 2013.



Le trajet sur le papier
3 juillet, 2011, 19:29
Classé dans : Le parcours

Le parcours.

Haaa, voilà la partie qui fait toujours saliver : les
îles paradisiaques, les eaux transparentes, les lagons bleus, le soleil
permanent, les cocktails, la cuisine exotique, un rythme de vue au ralenti,  etc.
Bon d’accord, c’est vrai, on y va. Mais où ? C’est évidemment un
parcours très théorique, qui évoluera selon les envies et les conditions (ce
qui arrive dans tous les cas à en croire les autres navigateurs). Pas question
de faire une course, juste profiter et découvrir ce qu’il y a là-bas, au-delà
de l’horizon.

On débute avec la côte belge et ses blocs de béton avec
fenêtres (bon d’accord, il y a mieux, mais il faut bien partir de quelque
part…). De là, nous longeons les côtes françaises avant de traverser le
toujours redouté golfe de Gascogne (on va sûrement transpirer un peu là, mais
pas à cause du soleil) avant de rejoindre l’Espagne et le Portugal.  Ensuite, à nous les îles de
l’Atlantique : Madère, les îles Canaries et celles du Cap Vert. Après, ce
sera le grand saut avec la traversée de l’Atlantique (3 semaines au milieu de
nulle part) pour rejoindre les Antilles, Cuba et l’Amérique centrale et
traverser le Canal de Panama. Se succèdent l’Equateur, les îles Galapagos, la
traversée du Pacifique, la Polynésie française (enfin, toutes les îles dans le
coin…) avant de rejoindre l’Australie, la Papouasie, Nouvelle Guinée et
l’Indonésie.  Deux ans, ce sera déjà très
très juste pour faire tout, surtout si on traîne. Et comme on aime bien
traîner…

Et l’océan Indien ?
Nous n’aurons pas le temps d’y vagabonder, il faut rester raisonnable.
Et puis, toute la zone au large de la Somalie, du Kenya et du Golfe d’Aden
n’est pas sûre du tout, truffée de pirates qui en ont fait leur zone favorite de
« jeux ».  Pas question d’aller
dans le coin donc, même avec une tourelle de tank montée sur Pile Poil. Si nous
aimons l’aventure, il n’est pas question de prendre de risques inconsidérés,
surtout avec trois enfants.

Mais avant d’arriver à des endroits aux noms enchanteurs, il
nous faut d’abord quitter Liège pour rejoindre la côte en passant par les
rivières et canaux, à partager avec les péniches. Et ça, c’est parfois
nettement moins drôle et moins enchanteur, mais parfois cocasse tout de même
sans oublier des rencontres intéressantes.



Notre destrier des mers
3 juillet, 2011, 19:23
Classé dans : Notre porte avions

Pile Poil

Ha notre vaillant coursier des mers, on l’aura longuement
cherché…. Mais on l’a trouvé ! Et comme c’est le nôtre, c’est aussi
forcément le plus beau, le plus confortable, le plus marin, la meilleure
affaire du siècle, etc.

Alors finalement c’est quoi ? Un Dufour 4800 (dit comme
ça, on est d’accord, ce n’est pas très parlant). Bref, il s’agit d’un voilier
de 10,65 mètres construit en France en 1981. Réputé bien construit, solide, sûr
et au comportement sain (on confirme tout) il est également très
confortable.  Deux grandes cabines, un
coin cuisine (avec four, frigo, évier), un coin toilette et un immense carré
(qui peut se transformer en un lit « king size »), une vraie table à
cartes et une ambiance très cosy, voilà notre maison pour deux années. Une
maison baptisée Pile Poil, tout s’étant vraiment parfaitement organisé au cours
de notre projet

La préparation de
Pile Poil

Lorsque nous avons acquis Pile Poil (qui s’appelait alors Delta Lady), il ne souffrait pas de problèmes majeurs, il était même dans un bon état général. En revanche, il n’était absolument pas équipé pour un voyage de très longue durée, notamment en ce qui concerne l’autonomie en énergie. C’est donc principalement sur ce point que les travaux ont porté. Les maître mots :  simplicité et fiabilité.

L’électronique, c’est bien, mais si ça tombe en panne au milieu de
récifs par fort vent et la nuit, bonjour les dégâts (retenez que les problèmes
ne surviennent jamais quand il fait beau et que la mer est d’huile)… Donc,
s’il en faut malgré tout un minimum, on n’en voulait pas trop non plus.

Première chose : rendre Pile Poil autonome en énergie.
Autrement dit, calculer la consommation électrique du voilier et l’équiper
de  systèmes de production électrique permettant de produire ce que nous consommons mais également de recharger les 4
batteries du bateau (2 de 100 Ah et 2 de 66 Ah).

En l’occurrence, il s’agit  duo classique panneau solaire et  éolienne, tous deux fixés sur un portique en inox placé à l’arrière du cockpit.  Aujourd’hui, l’installation nous suffit amplement. Le truc, c’est aussi de réduire sa consommation
électrique sans vivre comme des ascètes. Il suffit, par exemple, de changer les ampoules classiques des lampes par des ampoules Led.

Il a ensuite fallu réviser tous les modes de propulsion de
Pile Poil, les voiles mais aussi le petit moteur Volvo qui l’équipe. Tout est
déclaré bon pour le service moyennant « quelques travaux ». De même,
le gréement dormant (les câbles qui maintiennent le mat) à l’âge inconnu a été
entièrement changé.

S’ensuit alors une liste kilométrique (décakilométrique, ça
existe ce nom ?) de « choses à faire », de  travaux et d’équipement dont on se demande si
on arrivera bien au bout : révision de l’installation électrique (un vrai
b…), équipement pour recevoir la météo, remplacement d’appareils
défectueux,  installation d’un vrai four (pour faire le pain, entre autres),  pose
de filets autour du bateau pour les enfants, remplacement des lignes de vie
(auxquelles sont attachés les enfants pour éviter de tomber à l’eau), remplacer
la radio VHF, l’autoradio (ben oui, on écoute de la musique à bord…), revoir le
fonctionnement du sondeur (qui donne la profondeur de l’eau) dont les données
dansaient parfois la samba sans raison (provoquant dans le même temps des
sueurs froides à l’équipage…), installation d’un étai largable, d’un nouveau pilote
automatique, et bien d’autres trucs encore dont on a déjà oublié la moitié.

Disons-le tout net : si l’essentiel est fait, la liste kilométrique des « choses à faire » reste quand même
importante le jour du départ (mais beaucoup de petites bricoles) et on profite
des escales dans les ports pour la réduire comme on peut (bon, d’accord, si on
en a envie.) Et puis, des modifications supplémentaires interviennent aussi au
fil du voyage et de l’expérience. Et puis, à force de vouloir être trop prêt,
on finit par ne jamais partir…


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